Cbor'est le 11 novembre 1188 qu'une colonie de moines venues de l'abbaye de Bonnevaux aujourd'hui disparue, dans le diocèse de Vienne, fonda Notre Dame de Valcroissant.

Nous ignorons qui sanctionna cette fondation, le cartulaire du monastère ayant disparu ainsi que la plupart des archives de Bonnevaux.

Jusqu'à la fin du XIVe siècle, il semble que l'abbaye eut une relative importance dans l'histoire religieuse de Die comme le témoignent les bulles conservées dans les registres de Clément VI au Vatican et à Avignon.

Divers facteurs furent cause de la diminution du nombre des moines et de l'appauvrissement du monastère.

Au XIVe siècle c'est la guerre de Cent Ans, avec son cortège de fléaux (peste et famine), puis les Routiers, tristement célèbres, de Raymond de Turenne, qui dans le Diois saccagèrent de nombreux édifices religieux.

 Les troubles de la fin du XVe siècle, marqués par les guerres d'Italie, avec le passage de bandes armées et de pillards, et de nouveau plusieurs épidémies de peste, dont celle de 1485, causèrent beaucoup de ravages dans la région.

Enfin le régime de la commande, en enlevant au monastère la plus grosse part de ses revenus, accentua la dégradation des bâtiments et le dépérissement du domaine.

Au XVIe siècle, les guerres de religion n'épargnèrent pas Valcroissant. Le monastère fut pillé, les forêts de l'abbaye dévastées et les moines dispersés. L'on suppose que c'est en 1568 que la façade de l'église, les premières travées de la nef et le cloître furent gravement endommagés.

A partir de 1568 et jusqu'en 1644, bien que subsista le titre abbatial, tout service religieux cessa dans l'abbaye, qui ne fut plus qu'une simple ferme.

En 1641 Noël de Lalane, docteur en théologie de l'Université de Paris, entreprit de restaurer l'église pour la rendre au culte. Il fit fermer l'arc triomphal d'un mur formant ainsi dans le Chœur une petite chapelle conventuelle. Le service religieux reprit donc à Valcroissant mais non la vie monastique. Car à la mort de Noël de Lalane en 1673 il n'y avait à l'abbaye qu'un moine et son valet.

En fait, dès cette époque, l'abbaye ne fut plus que ce qu'elle deviendra définitivement après la révolution : une ferme isolée. Les abbés commendataires se contentèrent d'en percevoir les maigres revenus sans entreprendre les réparations nécessaires. L'église divisée en deux dans le sens de la hauteur deviendra étable et grange de même que le réfectoire et la salle capitulaire.

Dès le 2 novembre 1789 l'Assemblée Nationale décrétait que tous les biens nationaux étaient désormais à la disposition de la nation. La vente aux enchères se fit le 7 janvier 1791. Après 24 feux, le domaine fut adjugé à Louis Julien, maître menuisier, auquel s'étaient associés quatre autres habitants de Die. En 1820 elle fut acquise par la famille Chevandier de Valdrôme. En 1897 elle fut revendu à M.le Pasteur Dhauteville qui voulait en faire un orphelinat. Les travaux d'aménagement furent interrompus par la mort prématuré du pasteur. Valcroissant fut alors acheté par la famille Gory qui exploita elle-même le domaine jusqu'à la fin de la Première Guerre Mondiale,  puis la loua à des fermiers. En 1950, Monsieur Marcel Légaut en fit l'acquisition. Ses enfants exploitent encore le domaine.

L'abbaye fut classée Monument Historique le 25 octobre 1971. Une association, Les Amis de Valcroissant, aide à la réhabilitation des parties anciennes et à l'animation culturelle.